• Il faisait grand soleil sur l’île Tipiyaya lorsqu’Alicia et Laurine tombèrent de nulle part et atterrirent très peu élégamment sur leurs postérieurs. 

    Les deux filles eurent un long, long temps d’arrêt, bouches ouvertes et yeux écarquillés, avant d’échanger un regard incrédule et de regarder autour d’elles. 

    Deux minutes plus tôt, elles marchaient ensembles sans but précis, jacassant comme seuls deux amis de longues dates savaient le faire, et là, elles se trouvaient sur une plage de sable blanc et fin, une jungle dense et des pics escarpés derrière elle et la mer à l’infini devant. Elles ré-échangèrent un regard, et Laurine tilta la première : 

    « Alicia… faudrait que t’aies un miroir, c’est bizarre là… » 

    La brune regarda son amie sans comprendre : 

    « Qu’est-ce qui se passe ? T’as vu quoi ? » 

    Puis elle loucha sur un truc pas net. Une mèche de cheveux. Rose. Bouclée. Une insolente mèche de cheveux roses et bouclés qui tombaient juste devant ses yeux. Elle poursuivit dans sa lancée et continua de baisser le regard pour voir l’horizon bouché par deux… trucs couleur chair, joliment corsetés dans un bustier bleu foncé. Elle porta ses mains à ses oreilles et les palpa. Elles n’étaient pas rondes. Elles étaient pointues.  

    La miss releva les yeux vers la blonde qui la fixait d’un air interdit. Elle se mit à trembler, elle ouvrit la bouche comme pour balbutier, et, avant que l’autre n’ait pus réagir, elle pointa le doigt vers sa vis-à-vis et beugla : 

    -TETE DE CITROUILLE !!! 

    Puis elle s’effondra sur le sol en tapant des poings et en gloussant comme une dinde. 

    Si Laurine avait été un personnage de manga, une goutte serait apparue au coin de sa tête. Mais Laurine n’était pas un personnage de manga et elle se contenta de regarder l’elfe et de sérieusement songer à se suicider ou à s’éloigner de la folle furieuse. Elle finit par se lever pendant que l’autre achevait son hystérie dans quelques hoquets étranglés et s’examina. Elle portait une tenue différente de celle qu’elle avait auparavant, un genre de pull gris, léger et ample, ainsi qu’un short. Elle vit dans son ombre s’étalant sur le sol comme une petite virgule partant du haut d’une chevelure plus abondante que normale et sut qu’elle devait avoir une tête de citrouille. 

    Laurine et Alicia venaient de laisser la place à Mayumi et Tamalice. 

    Son amie se releva, encore toute rouge de son délire, et demanda : 

    « -Bon, c’est pas tout, mais on est où là ? » 

    La blonde eut un regard farouche. 

    « - Tu oses dire ça alors que c’est TOI qui m’as entrainé ici ? Mais t’es tarée !?! Pourquoi tu m’as saisi le bras ? T’es revenue exprès pour m’entrainer dans ta merde !  » 

    Alicia shoota dans un galet et se borna à répondre : 

    « Je t’aurais manquée. Donc, c’est quoi ce bled ? » 

    Les deux filles contemplèrent la plage déserte et la nature sauvage. 

    « - Pas la moindre idée.  

    - Un mix entre Koh-Lanta et Hunger Games ? » 

    La blonde se voûta en grommelant et fit quelques pas en arrière 

    « - Rahh… On pourrait pas plutôt dire qu’on est en vacances sur une île paradisiaque en sirotant ses cocktails et en bronzant les doigts de pieds en éventail ? 

    -Imagine la possibilité que la masseuse soit notre chère prof d’allemand. » 

    C’en fut trop pour l’émotive petite blonde qui s’évanouit. 

      

     

    Pitch se releva en titubant. Autour de lui ce n’était que végétation luxuriante et fleurs tropicales au parfum lourd et entêtent. Il vacilla et étudia son environnement. Le sale gosse était là, étendu face contre terre, tenant son bâton dans sa pogne de môme, tandis que la stupide petite fée s’agitait en tout sens pour essayer de le réveiller. Il eut un sourire malsain et fut tenté de shooter la petite créature, lorsqu’il entendu un hurlement strident. Il sursauta et observa par une trouée dans la végétation une plage de sable fin, où se trouvaient deux personnes dont l’une qui venait de tomber sur le sol. Il haussa les épaules et se retourna vers Jack Frost et sa ‘’Quenotte’’. Le garçon s’était réveillé, sûrement à cause du cri, et le pointait de sa crosse, l’air menaçant. 

    Pitch eut un sourire entendu et pencha la tête sur le côté. 

    « -Alors, bien dormi ? Pas suffisamment, de toute évidence ; ton ami le Marchand de Sable verrait-il ses capacités s’affaiblir ? » 

    Le ton plein de fiel du Croquemitaine suffit à faire s’hérisser ses poils dans le dos de Jack, qui répliqua le plus vicieusement possible : 

    « - Quand bien même les capacités de Gardiens se seraient plus ce qu’elles étaient, nous ne serons jamais aussi faible que toi… » 

    Puis il reprit, pernicieux : 

    « - Après tout, tu l’as dit toi-même, tu es faible. » 

    L’expression du Maître de la peur se décomposa à vue d’œil et il sembla au jeune que la forêt venait de perdre en chaleur et en luminosité. 

    « - J’ai déjà failli vous défaire, rien ne m’empêche de recommencer, et s’il n’y avait pas eu ce sale petit Jamie Bennett, je vous aurait écrasé comme les insectes que vous êtes… » 

      

     

    Mary-Sue émit un doux gémissement en relevant sa tête aux proportions parfaites. Le paysage sembla danser le tango devant ses magnifiques-yeux-bleue-verte-rosee-orangée-parsemés-de-paillettes-d’or, avant de se stabiliser. Elle était allongée sur un sol rocheux, sombre et dénudé de toute végétation. Devant elle s’étendait une sorte de forêt tropicale, et, plus loin encore, une mince bande de sable clair bordée d’une eau turquoise. 

    La splendide jeune fille se releva sur ses longues jambes de déesse et fit quelques pas gracieux avant de se prendre les pieds dans une pierre et de s’étaler dans les cailloux. Une personne ayant vu la scène de loin aurait pu observer la remarquable crise de colère piquée par un personnage parfait ne supportant pas que quoi que ce soit lui résiste, fut-ce un caillou. May (car c’était ainsi que l’on surnommait les Mary-Sue) eut un petit reniflement hautain et gratifia la pierre d’un regard haineux. 

    Elle mit un peu d’ordre dans sa sombre chevelure soyeuse et essaya de se souvenir de pourquoi elle était là. Peut-être avait-elle été choisie pour être le treizième tribut des Hunger Games ? Elle pourrait profiter de cette occasion exceptionnelle pour apprendre à Katniss à vraiment tirer à l’arc, séduire Peeta et Gale pour les avoir les deux à la fois dans son lit, aider Aymitch à vaincre ses démons et son alcoolisme ainsi que convaincre une population blasée et assoiffée de sang qu’envoyer des mômes crever dans une arène mortelle, c’était mal. Elle fut fière d’elle-même à cette idée puis fronça ses sourcils parfaits en se souvenant. Elle était sortie du cours sans faire attention à la vieille chouette qui hululait à son encontre, son unique but étant de remettre à leur place ces deux pimbêches qui se croyaient permises de remettre sa suprême suprématie en question, et alors qu’elle de déplaçait furtivement derrière elles, une des idiotes, celle qui lui avait versé de l’encre sur SES MAGNIFIQUES CHEVEUX, avait disparu. Puis réapparu pour disparaître à nouveau, entrainant la blondasse. May avait tout de suite sut ce qu’il s’était passé et avait embrassé son pendentif porte-bonheur, celui que sa mère elfe-sirène-princesse-magicienne-barbie lui avait légué avant de périr dans ce tragique incendie, puis elle avait sauté à la suite des deux idiotes dans le trou. 

    Maintenant elle se retrouvait dans une forêt tropicale, entourée de bruits étranges, de saletés, de bestioles. Super. Elle aéra ses cheveux et partie en quête d’une moindre habitation ou encore mieux, des deux filles.


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